mardi 2 mars 2010

Une vie de chien

St Rome de Tarn, Aveyron. Une vie de chien, une vie de coureur. A sentir le sens du vent. Portes grandes ouvertes, à pied, en camping car ou à quatre pattes. Milkil pour gentil teckel ou brave batard.

lundi 1 mars 2010

Un soleil de poids

Albi, un soir d'été, un soleil déclinant et rasant. Chassant les ombres plates comme des limandes. Un boulet dans la main, le pied dans un cercle. Dans le dos le terrain.

La coupe au bol

Arusha, Tanzanie. Un coupe chou, pour une coupe au bol, pour chasser les ras le bol. Au delà du rideau, bien rasé pour faire le beau, sans dos rond

Le lait chaud du matin

Eldoret, Kenya. Le lait frais du matin, le lait chaud du matin. Le village déjà loin, la ville non loin. Sans roue libre. Sans être libre. Les coudes au corps. Un bidon long comme une statut de fer. Equilibre.

De vous à moi

Eldoret, Kenya. Camp Keino, le mage, le sage. De vous à moi, de moi à vous. Bras croisés, sages comme ce voile rouge flottant dans l'air doux de la savane. Un brin de soupçon de lui à moi.

Le bal du 800

Berlin, Mondial 2009. Le bal du 800 mètres. Kaki dans le mur, chorégraphie de la chute. Arabesques de l'impossible. A terre, au sol, dans une marre de désespoir.

De gauche à droite

Maroc, Fès, à pas menus, à pas nus. Foulant le sol, drap flottant. Caligraphie de l'inconnu, visage inconnu. Tous les deux dans le même sens, de gauche à droite pour signifier l'essentiel.

dimanche 28 février 2010

Les ailes du sourire

Buéa, Cameroun. Se tortiller comme le rotor de cet hélico cloué au sol comme un vulgaire albatros. A en rire, si fort.

Sans col, sans fil et sans nageoire

Arusha, Tanzanie. Pour une robe de mariée, pour un costume de croque mort, pour un uniforme d'écolier. Avec ou sans col, avec fil et sans arêtes, sans nageoire.

La grande lessive

Cameroun, Buéa. Il est clown, saltimbanque aux jambes désarticulées, amuseur public. On rigole. Des hommes redescendent du Char des Dieux. Désordonnés, débranchés, décapés par l'orage du volcan.

Lourde comme une baignoire pleine

Kenya, Eldoret. Sur un bord de trottoir, des regards qui ne se croiseront jamais. Une dame lourde comme un baignoire pleine, un Kibet léger comme la plume portée par le vent.

Un lit pour deux

Kenya, Eldoret. Le repos, ce sera pour plus tard. Après, bien après. Un lit sur un vélo, un lit pour le repos. Personne n'a le temps de se dire "Jambo"

Un lit de poussière

Kondoa, Tanzanie, un lit de poussière pour cet homme noyé dans la douleur. Un autre homme se penche. A peine s'il lui tend la main. On est toujours seul. Le public rigole.

Combat de femmes

Combat de femmes, combat de coq. Tanzanie, Kondoa, place du village. Une course de mamas, sans chichi. Avec boubou.

Sans clef et sans juda

Berlin, à grands pas pour franchir cette porte. Talon pointe...talon pointe...talon pointe...pour 50 km...pour forcer le barrage, pour garder l'équilibre, le contact. Presque en apesanteur.

Une victoire pour un visa

Exilées, immigrées, rejettées. Au Bahrain, un paradis illusoire pour des Ethiopiennes sans passeport, ni visa. Juste une victoire pour l'une comme papier d'identité. Comme raison d'exister.

Sans tapis de sol

Bahrain, un anneau d'herbe verte et grasse au beau milieu de rien, de nul part. Trois jeunes femmes effondrées, mal relevées, agenouillées sur cette ligne d'arrivée.

Sans balle de polo

Addis Abeba, champ de cross Jan Meda. Le mur de l'écurie a été repeint. La fresque aussi. Un vieux cheval maigrelet végète à l'intérieur. Une brouette sur le bas côté. Un piquet, virage à gauche, pas même un regard.

La tour d'ivoire

Addis Abeba, hippodrome Jan Medda. Sans chevaux, sans piste, sans haies, sans crotin. Les médailles sont là, les coupes aussi pour le National de Cross. La sono sur son trépiedpour distiller une rumba maigrelette. On attend les huiles. On attend que la sueur coule.

samedi 27 février 2010

Une caisse à remplir

Albi, un soir d'été. Des chaises vides, des caisses vides. Un chagrin à percer. Des épaules à nu et le monde mis à nu. Albi pour un verdict sans alibi.