Une image, un cercle, un panneau,
Pas de fumée sans Mao
Au fond d'une librairie
Un bien maigre interdit
le temps, l'instant précieux
Non et non !
Non de non !
Sans nom !
A pile ou face sous un pont
Sans demander pardon
Au risque de passer pour un con
Quelque part en France, sur la route de la Milkil. La route, rien qu'une route. Bouche béante, gueule béante, langue beuglante. En continu, ou en pointillé, une ligne blanche à se mettre dans le nez, dans la tronche. A pas tranquille, à pas docile. Sur la gauche, toujours à gauche, sans aucune tangente. "Suis-je si imbécile ?" Quelle question ?
Pologne, Bydgoszcz. Un bloc, trois chaises, trois corps, trois regards. Multiple de trois. L'attente, l'attente, l'attente. Multiple de trois. Mains dans les poches, bras croisés, entre les cuisses pour un brin de chaleur. Multiple de trois. Sans faux col, cou à nu, écharpe épaisse. Multiple de trois. Esprit à vif, inquiétude, regard clos. Multiple de trois.
Pologne, Bydgoszcz. Le bal de Linet. Aérienne, presque souveraine. Dans mes bras pour une simple pirouette. Sur un parquet sans boue, pour éviter les fautes de goût. Sans voile ni jupette, pour virevoleter comme suffragette. Dans l'ombre de Chebet.
Pologne, Bydgoszcz. Le gros lot comme drapeau, fine étrave, mais sans un mot, loin du troupeau. Ebuya comme dans l'au delà. Sans pointes et sans reproches. Si loin, si proche. Venant à nous avec tant de réserve. Pour finalement blaguer avec verve.
Ethiopie 2010. Vaste prairie d'un vert amande. Sans même attendre les offrandes. Une femme noyée dans son gabi, un petit poucet guère plus haut qu'un grain de riz. Des femmes s'étirent, à l'instinct, au besoin. Entotto, au petit matin, si tôt, sans dire un mot.
Banlieue ouest de Pékin - 2007. Rouge comme le velours, rouge d'amour. A croquer comme une pomme d'amour, à s'allonger sur un lit de velours. En plein coeur, coeur à vif. Juste une corde tendue, entre deux doigts. Je n'aurai voulu que toi.
Pékin, J.O. 2008. Le feu sacré ? Le feu caché ? Haute tour. Juste un tour. Haute flamme pour une grande dame. Une brève histoire qui se consume. Un espoir pour sortir de la brume. Seule toujours seule.
Pékin, août 2008. 3 initiales, MMB pour un nom. Pour un drapeau après le grand saut. MMB sans liaison, sans trait d'union. Tout attaché après cette course déliée. Dans l'air chaud de Pékin, trois couleurs dans les gradins. De la fosse au podium, direct comme une bombe à l'uranium.
Pekin, J.O. 2008. La tête posée sur le comptoir, la tête coupée sur le billot. Des larmes de désespoir, des larmes d'un soir. La tête de Su Haiping mise à prix, la talon de Liu en charpis. Pris au piège d'une muraille, des J.O. gris comme la limaille.
Doha, Qatar 2010. Epaule contre épaule. Face contre terre. Blanc comme noir, sans aucun miroir. Sans reflet, sans effet. Pour basculer sans reculer. Le pentathlon comme un marathon. Un 800 pour une ultime interrogation.
Berlin, Mondial 2009.
A épaules nues, émotions à vif, sans l'aide d'un canife. De l'abandon en fin de marathon. Sous un drapeau pour un trio. Dans l'isoloir de la douleur, chacun a eu son heure.
Doha, Qatar 2010. 18, le numéro d'urgence. Le numéro d'envol. Sans arrogance. Sans antivol. Teddy dans le sable alors qu'on le croyait passable. Teddy sur un nuage pour une traversée à la nage. Sans récif. Juste jouissif. 18 le bon numéro pour Tamgho.
Foshan (Chine 2007). Un tapis de mousse, une chute, rien qui n'éclabousse. En morceaux découpés gros comme des sucres colorés. Comme une brindille fragile, en croix, presque nu et allongé.
Pékin, J.O. 2008. Dans le sens du vent soufflé. Sans guide, sans étoile, sans cadre, sans parti. Place de la liberté parée d'un fil bleu. A suivre le long d'une cité pour des voix, des corps emmurés.
Berlin, Mondial 2009. Sans masque et sans reproche. Une mascotte aussi proche. Bekele de rire, l'ours gros comme un navire. Pour tanguer ensemble, main dans la main à la barre du destin.